samedi 26 novembre 2011

Propagande

Elle s’est connue un matin de Novembre où elle avait les cheveux lâchés, ce qui n’arrivait jamais, d’habitude.

Elle s’est regardée dans un miroir brisé, qui ressemblait à un mur où son visage serait devenu une affiche de propagande.
Propagande d’un vide fissuré.

Les étoiles dans ses yeux ne suffisaient pas pour éclairer le mur-miroir et ses brisures.
Les étoiles dans ses yeux pétillaient de larmes.
C’était une histoire triste, plongée dans le silence.

Elle s’est alors mise à peindre le miroir et ses yeux sont devenus rouge sang.
Il fallait tout réécrire.
Et ses yeux ont disparu. Et ses lèvres et ses cheveux et les larmes, étoiles et pétillances.

Il fallait recommencer.
Trouver un autre miroir.

Elle a peigné ses cheveux. Qu’elle ne voyait plus.

Elle a fait un nœud au sommet de sa tête avec toutes ses boucles. Ses cheveux comme des lianes et ses pensées au bout.

Elle a fermé lentement ces yeux, ses yeux qui ne servaient plus à rien, tout à coup.

Elle a pris un couteau et a coupé le nœud, les cheveux lianes et les pensées au bout.

Elle était nue.

La joie pouvait revenir.

Elle a peint son corps en bleu. Elle ressemblait au monde.

4 commentaires funambules:

  1. Magnifique. Ca me parle tellement. Zou

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  2. Doux, mélancolique,triste, beau mélange
    Bizoo

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  3. Dans un matin bleu, rassembler des éclats de soi et couper court au trompe-l’œil..

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